Chapitre 3 : Qu’est-ce qu’une blockchain ?

Une blockchain est une méthode de stockage et de distribution d’informations. Pour visualiser ce concept, imaginez un document envoyé à des milliers d’ordinateurs sur un réseau. Ensuite, imaginez que ce réseau mette régulièrement à jour ce document sur tous les ordinateurs à quelques minutes d’intervalle. C’est ainsi que fonctionne la technologie blockchain. Elle permet la distribution de données numériques, en rendant la même version visible à toute personne présente sur le réseau. Et surtout, elle ne permet pas que ces données soient alterés.

Le terme « blockchain » provient du livre blanc du Bitcoin rédigé par Satoshi Nakamoto. Dans celui-ci, il utilise l’expression « chaîne de blocs » et utilisera plus tard le terme « blockchain » au cours d’une conversation avec Hal Finney, le 9 novembre 2008. Étant donné le gain de popularité de cette expression au sein de l’organisation, il est probable que la fusion de ces mots en anglais soit à l’origine du terme sous lequel nous connaissons actuellement le concept de « blockchain ».

Si la majorité des cryptomonnaies utilisent la technologie blockchain, ce n’est toutefois pas le cas pour certaines d’entre elles. Certaines nouvelles cryptomonnaies n’affichent aucune intention d’utiliser la technologie blockchain. Nous ne savons pas encore comment ces monnaies se comporteront et quel sera leur fonctionnement exact, mais elles seront sans doute intéressantes à observer. Pour l’instant, revenons aux raisons qui ont mené à la création de la blockchain ainsi qu’à ses avantages. Cette partie est un peu plus technique pour ceux qui veulent aller plus loin.

Sécurité : Les blockchains sont constituées d’une série séquentielle continue d’enregistrements, baptisés blocs. Ces blocs enregistrent les données saisies à l’aide de fonctionnalités de hachage : cela signifie que les données sont toujours modifiées de manière à conserver la même longueur, ce qui constitue une certaine forme de chiffrement venant empêcher les données d’être faciles à pirater. Ces fonctionnalités de hachage sont horodatées : il n’est donc pas possible de modifier les données ou de les écraser. Il est quasiment impossible de pirater avec succès les données de la blockchain. En effet, les données de la blockchain sont visibles par tous et elles ne dépendent pas d’un seul ordinateur ou serveur, puisqu’elles sont conservées de manière simultanée sur tous les ordinateurs (nœuds) du réseau. Pour cette raison, le potentiel des applications liées à la blockchain est en cours d’études afin de déterminer si elles peuvent être utilisées dans d’autres domaines où la sécurité joue une importance capitale, notamment en matière de défense.

Transparence :  Les informations de la blockchain sont visibles par tous à l’aide d’un ordinateur connecté à Internet.

Coût : Étant donné que les transactions sont peer-to-peer, autorisées et mises à jour en l’espace de quelques minutes, elles sont bien moins coûteuses que les transactions bancaires. Pour vous donner une idée, le 19 avril 2018, une transaction de 700 000 Litecoin (soit près de 100 millions de dollars) à eu lieu entre deux utilisateurs. Cette transaction a été effectué en moins de 2,5 minutes pour un cout de 40 centimes de dollars.

Disponibilité :  Comme le système utilise un grand réseau d’ordinateurs (nœuds) au lieu d’une plateforme centrale, il reste disponible en toute circonstance. Si un nœud est indisponible ou quitte le réseau, il en restera toujours suffisamment pour terminer la transaction. C’est le prinicipe même de la décentralisation : ne pas se reposer sur une seule entité.

Fiabilité : Les bases de données ont toujours été sujettes à la corruption et à la perte de données. Elles peuvent se désorganiser et contenir des erreurs. Le partage des données était difficile en raison du mode de fonctionnement inhérent aux bases de données. Avec la blockchain, ces problèmes ne se produisent pas du fait de la présence simultanée de l’intégralité de la base de données (grand livre public) sur un grand nombre de nœuds. Il n’y a aucun temps d’arrêt et le système se met à jour automatiquement à quelques minutes d’intervalle en ajoutant de nouveaux blocs de données à la blockchain.

Vitesse :  La vérification des transactions bancaires, en particulier les transactions transfrontalières, peut prendre plusieurs jours. Avec la blockchain, les transactions sont vérifiées et téléchargées dans le grand livre public en quelques minutes : c’est pourquoi les banques et les institutions financières, ainsi que d’autres entreprises et organisations, lui témoignent actuellement un grand intérêt.

Comment une blockchain fonctionne-t-elle ?

  • Lorsqu’une transaction est effectuée entre deux parties, les données de cette transaction, notamment leurs clés publiques et privées, le montant de la transaction ainsi que d’autres données font leur entrée dans le réseau mondial de nœuds de cette cryptomonnaie.
  • Les « mineurs » (personnes équipées d’ordinateurs exécutant un logiciel de minage spécialisé) travaillent continuellement sur le réseau. Ils vérifient que la transaction est authentique en confirmant que les clés sont correctes, que le vendeur dispose effectivement de la monnaie à vendre et que l’acheteur dispose de l’autorisation de l’acheter.
  • Une fois la transaction vérifiée, elle devient la partie d’un bloc, c’est-à-dire un ensemble d’autres transactions qui se sont produites lors de la mise à jour automatique du grand livre.
  • Un mineur authentifie alors le bloc qui devient une partie de la blockchain au sein du grand livre public.

Les « nœuds miniers » rejoignent volontairement le réseau, ils sont récompensés pour le faire, mais nous verrons cet aspect plus en détail dans le prochain chapitre, qui traite du minage. Étant donné que personne n’est responsable du grand livre public, il s’agit d’un réseau totalement décentralisé.

Chaque bloc de données ajouté au grand livre public contient des données qui le relient au bloc précédent. C’est pourquoi il est très difficile de le corrompre. Si un pirate essayait d’accéder et de modifier les données dans un bloc, il ne pourrait pas le faire sans arrêter et modifier l’intégralité du système.

La technologie blockchain est encore très récente. On ne peut pas encore entrevoir l’ensemble des applications dans lesquelles elle sera utilisée. Cependant, il s’agit d’une technologie qui va changer la manière dont les bases de données sont exécutées et gérées.

Fort heureusement, cette méthode sera bien meilleure que celles qui sont utilisées à l’heure actuelle. Elle permettra des méthodes d’authentification numériques bien supérieures. En outre, elle influencera les contrats intelligents, le stockage de fichiers, la gestion de l’identité, la protection de la propriété intellectuelle, la prévention du blanchiment d’argent, la gestion des données et bien plus encore.

Depuis quelques années, de nombreuses entreprises déposent des brevets liés à la blockchain (Amazon, WallMart, etc.), il est facile d’imaginer que ces géants utiliseront la blockchain au sein de leur business.